dimanche 11 septembre 2011

Melancholia - Lars Von Trier

Moi qui me languissais de pouvoir enfin assister à la projection d'une partie des films de la sélection cannoise, en ce moment je suis servie !

Récemment, j'ai pu voir La Piel que Habito de Pedro Almodóvar, La guerre est déclarée de Valérie Donzelli et bien-sûr Melancholia de Lars Von Trier.

C'était la première fois que j'avais l'occasion de pénétrer dans l'univers bien particulier du réalisateur danois. Jusqu'ici je n'avais eu que des échos de son travail et puis il y a eu le scandale de la croisette bien évidemment. Petit retour en arrière pour celles et ceux qui auraient raté cet épisode embarrassant. 

Lors d'une conférence de presse, Lars Von Trier a déclaré "comprendre Hitler" sans pour autant être favorable à la Seconde Guerre Mondiale. Ces propos lui auront valu d'être exclu du Festival de Cannes. Réaction compréhensible de la part des organisateurs qui ne pouvait cautionner cette incartade. 

Sans vouloir réouvrir le dossier, je ne suis pas de ceux qui condamnent violemment le réalisateur en le stigmatisant. Néanmoins, ses propos restent intolérables car s'il nous arrive tous d'avoir des moments embarrassants, en général, nous sommes bien loin de déclarer avoir de la sympathie pour Hitler, ou du moins je l'espère. 

Bien évidemment Lars Von Trier a présenté ses excuses peu de temps après. Sous pression de la communauté cinématographique peut-être ? J'espère simplement pour lui qu'il s'y prendra à deux fois avant d'ouvrir la bouche, la prochaine qu'il souhaite faire une déclaration de ce genre...

Toute cette longue introduction pour finalement vous parler de son film. D'emblée je tiens à préciser que mon avis personnel ne porte que sur l'œuvre et non sur l'éthique du réalisateur. 

Tout d'abord, j'aimerais parler de la longue entrée en matière du film. Les premières images m'ont coupé le souffle par leur beauté. On sent bien évidemment l'influence picturale comme par exemple avec l'affiche du film, référence évidente à l'Ophélia d'Hamlet et ses nombreuses représentations dont la plus célèbre est sans doute l'Ophélie de Millais.


- Ophélie, Millais (1851-1852) -

Ces première images ne sont pas sans me mettre la puce à l'oreille. Ce film sera probablement l'occasion d'exprimer un profond sens de l'esthétique plutôt qu'une mise en valeur du scénario. Étant très attachée à l'écriture mais aussi, bien évidemment, aux belles images, j'appréhende quelque peu la suite du film... 

Le pitch tout le monde en a plus ou moins entendu parlé : encore une histoire d'apocalypse mais pas que. Melancholia, est aussi l'occasion pour Lars Von Trier de parler de folie, celle de Justine (Kirsten Dunst - prix d'interprétation féminine au festival de Cannes), complètement en dehors de la réalité et incapable de bâtir des relations saines avec autrui, ce qu'on peut comprendre lorsque l'on fait connaissance avec sa mère acariâtre (jouée par Charlotte Rampling). Je dois dire que j'ai eu du mal à comprendre certains liens entre les hallucinations de Justine et l'histoire, d'où mon manque d'implication dans le film, certainement. De l'autre côté il y a Claire (Charlotte Gainsbourg), ou celle qui tente de faire tenir les maigres fondations de cette famille. Mais au fil du scénario on comprend qu'elle n'est pas moins fragile que sa sœur cadette. Effrayée par cette planète étrange qu'elle ne peut contrôler contrairement aux situations auxquelles elle doit faire face dans son quotidien.

Une histoire qui aurait pu fonctionner mais on sent que ce n'est pas réellement dans l'intérêt du réalisateur que de bien développer cet aspect du film. A noter que sa façon de filmer est toute aussi particulière, toujours caméra à l'épaule, avec des zooms ratés, une utilisation très négligée en somme. J'imagine bien que pour un réalisateur de son envergure tout ceci n'est autre qu'une signature cinématographique pourtant cela m'a énormément gêné. La caméra se veut intrusive, le spectateur est placé dans une position de voyeur presque pris à partie dans ce tourbillon de folie, ce qui a pour effet de créer une certaine forme de malaise. 

Sans dévoiler la fin je dirais que lorsqu'on y arrive (au bout de 2h10 quand même), on pousse un long soupir de soulagement. Les scènes sont beaucoup trop longues, ce que l'on peut comprendre si le but de Lars Von Trier avait été de faire une étude psychologique, peut-être envisage-t-il un autre plan de carrière...

Néanmoins, je tiens à souligner la virtuosité des acteurs qui, avec une caméra aussi proche d'eux, ne peuvent tricher. C'est d'ailleurs, à mon avis, ce qui sauve le film. Kirsten Dunst a en effet mérité ce prix car il est souvent dur pour un comédien de passer de la joie, au sentiment de solitude et enfin à la folie pure, sans avoir l'air de caricaturer.

A voir si tout ceci vous intrigue mais préparez-vous à une certaine déception. Si certains on des avis radicalement différents du mieux (ou non d'ailleurs), je serais ravie de les entendre.

Bon dimanche à tous !


3 commentaires:

  1. Les images sont splendides, mais tu sais que la folie ne m'atire pas en ce moment!!!
    Bon on verra.

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  2. ce film à l'air vraiment très bien... je l'ai loupé, dommage, le dvd me sauvera j'espère ^^
    j'aime beaucoup charlotte gainsbourg alors il faut vraiment que je le vois, ce mélancholia dont tout le monde parle :)

    Bises
    Caroline.

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  3. j 'aimerais beaucoup voir ce film : j'ai une reproduction à la maison de l' Ophélie de Millais achetée à Londres; en attendant, j'ai posté moi aussi des idées cinéma: tu es la bienvenue sur mon blog ! A bientôt
    madeco (madco.canalblog.com)

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